Années 1970

1974
Roland Moreno, dirige alors la société Innovatron. Il met au point la carte à puce à circuit intégré. En fait, son projet n'était pas celui que tout le monde a en tête quand on nous parle de carte à puce, mais plutôt celui d'un porte-monnaie électronique logé sur une bague. De là naît peu à peu le projet "Electronic Purse" qui revient avec la nouvelle technologie du "sans-contact" (voir chapitre "Devenir"). Mais l'idée principale est retenue : c'est la création d'une carte à mémoire. Les premières à être crées arrivent en septembre 1974 :

1977
Roland Moréno avait eu l'idée d'une carte mais doté uniquement d'une mémoire protégée par des "moyens inhibiteurs"; Michel Ugon enrichit cette idée et la concrétise : la carte doit être intelligente : c'est-à-dire fonctionner comme un micro-ordinateur.

Michel Ugon dépose son premier brevet. Il s'agit d'une carte comprenant à la fois une mémoire non-volatile et un microprocesseur.

1978
Michel Ugon dépose cette fois le brevet SPOM (Self Programmable One Chip Micro-Computer) qui détermine l'architecture nécessaire au fonctionnement auto-programmable de la puce. Cet aspect d'auto-programmation permet à un microprocesseur quand il y a une alerte de modifier son comportement pour contrer cette alerte. Au pire, le microprocesseur peut s'autodétruire.

Concrètement, Michel Ugon a amélioré l'architecture de la carte à mémoire en y ajoutant l'intelligence : " J'étais convaincu que la carte devait contenir un microprocesseur auto-programmable, et non pas une simple mémoire, afin de pouvoir modifier les informations contenues à l'aide d'un dispositif Pour usage externe - ", raconte Michel Ugon, aujourd'hui Directeur Projets Avancés au sein de Bull Smart Cards & Terminals.

1979
La première première carte intelligente au monde sort des ateliers Bull : La Bull CP8

Elle est munie d'une mémoire et d'un microprocesseur (Motorola)

Toujours la même année, Schlumberger entre dans le capital d'Innovatron et commence alors ses recherches sur la carte à mémoire : la division "Cartes à Mémoires & Systèmes" est crée au sein même de l'entreprise Schlumberger.



Années 1980

1980-85
Le Groupement Carte à Mémoire est crée par un regroupement de banques françaises afin d'utiliser la carte à puce comme un nouveau moyen de paiement : ce qui deviendra la future carte banquaire. Bull, Schlumberger et Philips se lancent alors dans la conception de ces cartes, et c'est réellement en 1984 que la commercialisation des premières cartes à mémoire banquaire a lieu. En 1985 Bull livre ses premières cartes banquaires "CB" dotées de micropprocesseurs.

1983
On voit dans la carte à puce, une aide dans le secteur sanitaire et social, dans ce qui touche à la santé : il s'agit de doter les patients d'une carte santé qui renseignerait de manière plus précise le docteur à propos du malade.

La même année, la Direction générale des Télécommunications (futur France Télécom) présente la "carte télécommunications" : une carte d'abonnement qui a pour objectif de prélever chaque communication sur la facture téléphonique de l'abonné.

1984
On note l'apparition de la télécarte avec la "carte pyjama" (appelée ainsi en raison de ses rayures blanches et bleues) crée par Schlumberger pour France Télécom (cartes équipées de micromodules).


Une "carte pyjama"

Ce sont ces cartes qui nous venaient à l'esprit quand on parlait de "carte à puce", car effectivement ce sont celles qui ont connu la plus grosse production. Peu à peu, les publiphones ont été remplacés pars des cabines utilisant les cartes à puce. Les cabines ainsi que les cartes connaissent alors une croissance fulgurante : de 2 000 000 de cartes vendues par an en 1986, on atteint vite 6 000 000 exemplaires par mois en 1991. en 1990 le mot "Télécarte" entre dans le dictionnaire.